Affiche-Cotes-de-Gascogne

Pour fêter leurs 40 ans, les vins des Côtes de Gascogne s'offrent un bol d'air frais

Vendredi dernier, j'étais invitée à un déjeuner à l'hôtel Pier, organisé par la section interprofessionnelle des vins des Côtes de Gascogne pour fêter les 40 ans de la dénomination et présenter sa nouvelle stratégie de communication.

Quelques infos sur les vins Côtes de Gascogne

La dénomination "Côtes de Gascogne" a donc vu le jour en 1974.

Terroir

La zone géographique de l’IGP (indication d'origine géographique protégée) "Côtes de Gascogne" correspond au vignoble de l’Armagnac et s'étend donc sur 3 départements : le Gers dans son intégralité, le Lot-et-Garonne sur 14 communes, et les Landes sur 25 communes. Au total l'IGP couvre une superficie de 13 000 hectares.
On y retrouve les 3 terroirs que j'évoquais dans mon billet sur l'Armagnac, à savoir le Bas-Armagnac à l'ouest, la Ténarèze à l'est et le Haut-Armagnac en plein sud-ouest.

Cépages

Cépages-blancs-principaux-des-Côtes-de-Gascogne

Du côté des cépages, on retrouve en blanc le Colombard, l'Ugni Blanc et le Gros Manseng ainsi que le Chardonnay et le Sauvignon.
Pour les rouges, les cépages bien connus du Bordelais - Merlot, Cabernet Sauvignon et Cabernet Franc - côtoient le Tannat (cépage roi à Madiran).

Production

Les vins Côtes de Gascogne, ce sont 1 200 producteurs, dont 200 vignerons indépendants et 1 000 adhérents aux 6 groupes coopératifs ou fournisseurs d'une dizaine de négociants-vinificateurs.

Les blancs sont largement majoritaires dans la production des vins Côtes de Gascogne puisqu'ils représentent 85% de la production (90% de blancs secs, 10% de blancs doux ou moelleux) contre 8% pour les rouges et 7% pour les rosés. Et ils figurent parmi les vins blancs français les plus exportés à travers le monde avec pas moins de 140 pays clients.

L'export est d'ailleurs la principale destination de l'ensemble de la production des vins Côtes de Gascogne, puisque 70% du volume produit est commercialisé à l'export.
Les volumes destinés au marché intérieur se répartissent entre les circuits traditionnels (73%), la GMS (20%) et la vente directe (7%).

La nouvelle campagne de communication

Pour fêter leurs 40 ans, les vins des Côtes de Gascogne ont décidé de s'offrir un bol d'air frais.
Au programme : une nouvelle identité visuelle, une nouvelle stratégie de communication et une nouvelle dynamique promotionnelle pour affirmer leur positionnement de vins tendance, emplis de fraîcheur.

Cette nouvelle stratégie, sur 5 ans, est le fruit d'une réflexion collective ayant impliqué l'ensemble des acteurs de la filière mais aussi des consommateurs.

Nouveau-visuel-de-campagne-des-Côtes-de-Gascogne

La convivialité et la générosité de la Gascogne sont les valeurs premières mises en évidence au travers de cette campagne. Le caractère frais des vins blancs Côtes de Gascogne (dans l'expression de sa vivacité et de ses arômes tout comme dans ses conditions optimales de service) est lui aussi à la base du visuel de campagne, notamment avec pour accroche "Fraîchement Sud-Ouest".
Tout en suggestion et raffinement, une ambiance chaleureuse se dégage pour séduire notre coeur de cible des 25-45 ans. Source : communiqué de presse

En parallèle de cette nouvelle campagne de communication et du plan media soutenu par l'IVSO (affichage, presse, web), des actions événementielles vont avoir lieu pour amener et partager la convivialité de la Gascogne.
Chaque année, avant l'été, les Côtes de Gascogne vont cibler une nouvelle ville à fort potentiel afin de gagner en visibilité et en notoriété et afin de renouer le contact avec les revendeurs (cavistes, restaurateurs).

Toulouse, capitale des vins du Sud-Ouest, a été choisie comme point de départ de ces opérations.
Du 16 au 21 juin, une action promotionnelle a été menée avec 40 cavistes partenaires.
Les 20 et 21 juin, plus de 50 dégustations ont été animées par les producteurs eux-mêmes qui s'étaient déplacés pour l'occasion.

Les années suivantes, les vins des Côtes de Gascogne iront à la rencontre d'autres régions : la Bretagne, la Côte Atlantique, la Vendée et enfin la région parisienne.

Tour d'horizon des vins dégustés

Avant de vous parler des vins dégustés, il faut que je vous avoue que les blancs dans le style des Côtes de Gascogne ne sont pas forcément le type de blancs que je préfère. Si je les apprécie volontiers à l'apéritif, à table j'ai tendance à préférer des blancs avec plus de complexité en bouche.

Il y a bien un domaine que j'aime vraiment énormément en Côtes de Gascogne, le Domaine Haut-Campagnau de Dominique Andiran, mais ses vins ne sont pas du tout représentatifs de ce qui se fait dans le reste de l'appellation.

Cependant, pour cette dégustation de vins des Côtes de Gascogne, j'ai tenté de mettre mon goût personnel de côté et de goûter les vins avec le plus d'objectivité possible, en me laissant la possibilité d'être surprise.

Côté accords mets & vins, je dois reconnaître que les vins proposés au début s'accordaient plutôt très bien aux entrées typées mer.

Accords-mets-&-vins
Les blancs des Côtes de Gascogne se marient très bien aux ingrédients de la mer

Cuvée-Classique---Tariquet

Tariquet et moi, en général ça fait 2 (surtout en "version sucrée") mais là, ne serait-ce que par politesse et puisqu'il s'agissait d'un blanc sec, je me suis dit que j'allais quand même faire l'effort de goûter en essayant de rester objective. Si je n'ai vraiment pas accroché avec la cuvée Réserve beaucoup trop boisée pour moi, cette cuvée "Classique" (à base d' Ugni blanc, de Colombard, de Sauvignon et de Gros Manseng) m'a un peu réconciliée avec le domaine. Je n'ai pas trouvé ce blanc enthousiasmant au point d'en remplir ma cave, mais dire qu'il est mauvais serait de la pure mauvaise foi. Le rapport qualité-prix me semble plus que correct.

Villa-Dria---Domaine-de-Laguille---Uby---Domaine-des-Esquirots

Parmi les 4 vins ci-dessus, ceux qui m'ont le plus convaincue sont ceux de la Villa Dria et du domaine Uby. J'ai en revanche été un peu moins séduite par les deux autres.

Passons maintenant à ceux qui m'ont davantage intéressée ou qui m'ont carrément plu.

Cuvée-Harmonie-de-Gascogne---Domaine-de-Pellehaut
Je vous avais déjà parlé du Domaine de Pellehaut lors de mon weekend en Armagnac. Pendant la visite du domaine, nous avions eu l'occasion de boire quelques vins et j'avais retenu une cuvée en blanc, Ampéloméryx.
Eh bien celle-ci n'est pas mal non plus ! Simple, mais très agréable en bouche.

Rouge---Blanc-Terres-Blanches---La-Côte-d'Heux---Domaine-Chiroulet-
Je connaissais le domaine Chiroulet de nom, mais je crois que je n'avais encore jamais eu l'occasion de goûter des vins du domaine. Globalement, j'ai trouvé les 3 vins dégustés (2 blancs et 1 rouge) plutôt plaisants et avec un très bon rapport qualité prix. Sans compter que l'accord entre le 2ème blanc (et même le rouge) et le mini burger roquefort magret de canard dont je me suis régalée fonctionnait plutôt très bien.

Colombelle-«-L’Original-»---Plaimont-Producteurs
Je vous avais déjà parlé des producteurs de Plaimont dans un de mes tout premiers billets sur le SISQA. Je ne me souvenais plus qu'ils faisaient aussi des vins en IGP Côtes de Gascogne.
Si je n'ai pas forcément adoré cette cuvée à base de Colombard, je l'ai trouvée originale et elle m'a aidée à percevoir les caractéristiques aromatiques de ce cépage (qui ressortent forcément moins quand on a affaire à des assemblages).

Cuvée-Signature---Domaine-Saint-Lannes
J'ai particulièrement apprécié la fraîcheur et la finesse de ce vin, élaboré par le Domaine de Saint-Lannes en assemblant du Colombard et du Gros Manseng (je ne suis pas à 100% certaine de l'assemblage car je ne retrouve pas le nom de cette cuvée sur leur site internet, mais il me semble qu'elle correspond à leur cuvée entrée de gamme). Ce vin s'accordait particulièrement bien avec certaines des tapas de la mer servies en entrée.

Remparts-Blanc-et-Gouttes-de-Lune---Domaine-Les-Remparts-
Si le blanc du domaine Les Remparts était plaisant, c'est surtout le rouge que je retiendrai.
Et d'ailleurs si je ne devais retenir qu'un seul vin parmi tous les vins dégustés lors de ce déjeuner, ce serait celui-ci, parce qu'il est bon mais aussi parce qu'il est atypique.
Cette cuvée "Gouttes de Lune" est réalisée à partir d'un assemblage de Malbec et de Tannat.
Entre ces 2 cépages et la bouteille noire plutôt massive on s'attend à un vin assez costaud, voire trop costaud, mais en fait ce n'est pas le cas.
Le nez d'abord est particulièrement charmeur et dès qu'on a le liquide en bouche, on n'est pas déçu. Il y a de la matière mais ça reste souple et très équilibré et les tannins ne sont pas du tout agressifs. Il y a encore quelques optimisations à apporter, mais franchement pour un premier essai, j'ai trouvé ça très convaincant. Affaire à suivre donc. D'autant plus que la nouvelle génération à la tête du domaine Les Remparts, les 2 frères Marcellin, a vraiment envie de faire progresser ce domaine familial.

Finissons avec quelques portraits.

Portraits-vignerons-1Portraits-de-vignerons-2

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A gauche : Plaimont Producteurs / Au centre : Domaine de Saint-Lannes / A droite : Domaine Les Remparts


Lanterne-Halloween-en-liege

Halloween?...Non, Hallowine !

Squelette et verre de vin Aujourd'hui c'est Halloween.

Une fête américaine que j'aime bien, même si les citrouilles, squelettes, sorcières, etc...n'envahissent pas mon appartement pour l'occasion.

Les américains eux s'en donnent à coeur joie dans les décorations et déguisements . Je me souviens encore de mon premier (et unique) Halloween américain, vécu à Miami il y a quelques années, et de tous ces costumes/maquillages hallucinants croisés dans les rues.

En me baladant sur Pinterest, j'ai découvert que le domaine du vin n'était pas épargné par cet engouement. Du coup, je vous ai préparé un board Pinterest spécial Halloween, histoire de vous mettre dans l'ambiance.

Voici un petit aperçu (cliquez sur les images pour obtenir les liens):

Les vins d’Elk Creek Vineyards
Les vins d’Elk Creek Vineyards
Tire bouchon squelette
Le tire-bouchon qui tue !
Tonneaux Halloween
Les barriques idéales pour Halloween

Le reste est à découvrir sur mon board Pinterest "Halloween".

Vous y trouverez aussi quelques inspirations culinaires sur le thème, et notamment deux de mes coups de cœur : la fougasse tête de mort made in La popote de Manue (moi ça me rappelle le masque de Scream) et la charlotte glacée Bailey's et café made in Cuisine Addict (j'adore les petits rats démoniaques !).

Créations spécial Halloween de La Popotte de Manue et de Cuisine Addict
Créations spécial Halloween de La Popotte de Manue (à gauche) et de Cuisine Addict (à droite)

Happy Halloween !

Badge Happy Hallowine

Source photo illustrant l'article : lanterne en liège sur Etsy


Rencontres du Livre et du Vin - Balma 2013

Les Rencontres du Livre et du Vin

Il y a quelques semaines, je me suis rendue aux Rencontres du Livre et du Vin à Balma, tout près de Toulouse, en compagnie de Chantal, la gourmande chronique du blog Enflammée.

Un salon qui se propose d'allier 2 de mes plaisirs ne pouvait que susciter ma curiosité.

Je passe les quelques déconvenues (découvrir qu'il n'y a pas ou presque de vignerons à notre arrivée le vendredi après-midi car ces derniers n'arriveront que vers 16-17h...), ainsi que la table ronde "Voyages culinaires et viticoles" (qui n'était pas vraiment une discussion mais plutôt une succession d'auto-promo des différents auteurs), pour aborder la partie "Livre" de ces rencontres.

Naïvement, au vu du nom donné à ces rencontres, je m'attendais à ne trouver à ce salon que des livres en rapport de près ou de loin avec l'univers du vin. Eh bien, j'étais dans l'erreur. Les livres présentés traitaient en fait de sujets divers et variés, mais j'avoue m'être tout de même orientée plutôt vers ceux en lien avec mon sujet, et notamment vers une petite table à l'entrée "dédiée" au vin.
Je fus étonnée de ne pas y trouver le livre d'Ophélie Neiman, aka Miss GlouGlou, dont je vous ai déjà parlé sur ce blog, ou encore celui d'Emmanuel Delmas (dont je vous parlerai bientôt), mais ravie de constater la présence des "Ignorants" d'Etienne Davodeau.
En cherchant un peu, j'ai réussi à trouver mon bonheur et je suis repartie chez moi avec 3 livres : une BD, un livre au look "ancien" et un livre de recettes.
Le weekend dernier, la pluie m'a donné une excuse pour me plonger dans la lecture de ces 3 ouvrages...

Une BD un peu trop "romanesque"

La BD : "Châteaux Bordeaux" 1-Le Domaine, par Corbeyran et Espé, aux éditions Glénat.

Je sais que mes amis bordelais vont probablement me tomber dessus après avoir lu ceci, mais sincèrement, je n'ai pas été emballée par cette BD. Le fait est qu'à la base, comme je l'ai déjà mentionné ici, je ne suis pas une grande amatrice de BD. Ceci étant dit, j'avais tout de même été séduite par "Les Ignorants". Mais là, avec "Châteaux Bordeaux", je suis restée sur ma faim.
Pour commencer, je n'ai pas accroché plus que ça avec le dessin. Mais comme on dit, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas.
L'histoire quant à elle ne m'a pas non plus vraiment emportée. "La jeune femme au coeur pur qui se bat contre tous, y compris sa famille, pour sauver le domaine de son père" (ok, je simplifie un peu, mais c'est l'idée), c'est un peu trop "romanesque", voire "gnan gnan" à mon goût.

Du côté du positif, ce livre m'a tout de même semblé assez pédagogique pour des personnes ne connaissant rien ou presque au vin en général et aux vins de Bordeaux en particulier. Les termes un peu techniques sont expliqués relativement simplement et parviennent à s'insérer dans l'histoire sans trop gêner la lecture.
Bref, un bilan assez mitigé. Mais je me dis qu'il faut peut-être que je lise les 2 autres volumes parus pour me faire une meilleure idée. Si certains parmi vous ont lu cette BD et éventuellement les 2 autres volumes, vos avis ou commentaires sont les bienvenus.

Un livre qui montre une autre facette du vignoble bordelais

Le livre : "Mémoires d'un vignoble", par Catherine Rey et Jean-Luc Chapin, aux éditions La part des Anges.

Ce qui m'a attirée au premier coup d'oeil sur ce livre, c'est bien sûr son titre mais aussi son aspect "livre ancien".
Cet ouvrage évoque l'histoire d'un domaine bordelais, Sociando-Mallet, et de son propriétaire, Jean Gautreau. Les textes, plutôt bien écrits, même s'il manque parfois quelques transitions, alternent avec des images en noir et blanc, prises principalement dans les vignes.
Ce vignoble et son propriétaire sont assez loin des clichés qu'on peut parfois avoir de Bordeaux, avec ces châteaux ostentatoires et ces domaines gérés par des multinationales. Ici, on a affaire à un homme amoureux de sa vigne et de sa terre. Et c'est ça qui m'a beaucoup plu dans ces "Mémoires d'un vignoble", au point de me donner envie de découvrir ce domaine lors d'une prochaine visite dans le Médoc, afin de voir s'il est fidèle à la description qui en est faite dans le livre.

Un livre de recettes qui se transforme en confidences

Le livre de recettes : "Recettes de vendangeurs" par Isabelle Guichard, aux éditions Le Rouergue.

J'ai gardé le meilleur pour la fin car celui-là, je l'ai tout simplement adoré! Les recettes ont toutes l'air succulentes, bien qu'elles restent simples. Mais cantonner "Recettes de vendangeurs" à un banal livre de recettes ne serait pas lui rendre honneur. C'est bien plus qu'un livre de recettes!

A mes yeux, c'est un peu une sorte de journal intime, rempli d'anecdotes et écrit presque sur le ton de la confidence, qui relate la vie du domaine de la Guicharde et les différents moments forts qui rythment une année d'une vendange à une autre. Les textes sont simples et sans prétention, mais vous donnent l'impression de discuter avec Isabelle (l'auteur). Au fil des pages, j'ai vraiment eu l'impression de vivre les choses à ses côtés, de me retrouver à boire un café dans la cuisine avec Michèle, de vivre sa frustration lors de son premier jour seule dans la cave, de ressentir son appréhension mêlée d'impatience lors de la réalisation de sa première cuvée "Petites mains". J'ai aussi souvent souri.

Bref, j'ai vraiment passé un très bon moment en feuilletant les pages de ce livre.

Et le vin dans tout ça?

Gamme vins domaine de La Guicharde

Transition toute trouvée pour revenir au salon de Balma et aborder rapidement la partie "VIN" de ces rencontres, puisque j'ai eu plaisir à y retrouver Isabelle Guichard (rencontrée lors du Vinocamp Rhône) et son mari Arnaud pour déguster les vins du fameux domaine de la Guicharde, domaine en biodynamie, situé dans le Massif d'Uchaux. Je vous reparlerai de ces vins car je prévois une petite visite du domaine dans les mois à venir.

Comme indiqué plus haut, les autres vignerons n'étaient pas encore arrivés à l'heure où nous avons dû partir donc en dehors des vins du domaine de la Guicharde, j'ai juste eu le temps de découvrir un domaine de Cahors, Lo Domeni, dont j'ai ramené 2 bouteilles à la maison pour une future dégustation.

Vins domaine Lo Domeni

Au final, vous l'aurez compris, à Balma j'ai rencontré plus de livres que de vins, mais promis, l'année prochaine, je me rattraperai!


La-clef-des-terroirs-Guillaume-Bodin

Quand l'amour et le vin se racontent en images (2)

Après un week-end qui a vu la célébration du film "Amour" de Michael Haneke d'abord aux Césars (5 récompenses dont le César du meilleur film) puis aux Oscars (sacré meilleur film étranger), je vous propose de continuer sur ce thème afin de clore le billet "amour et vin en images" débuté la semaine dernière. Car quand on évoque le lien qui unit un vigneron à ses vignes et à son vin, c'est bien souvent d'amour qu'il est question.

Dans la première partie de ce billet (que vous pouvez lire ICI), j'évoquais Les Ignorants d'Etienne Davodeau, une bande dessinée pour laquelle j'ai eu un vrai coup de cœur. Aujourd'hui, c'est d'un DVD dont je vais vous parler.

Il se trouve qu'il y a quelque temps j'ai commandé le DVD de La Clef des Terroirs de Guillaume Bodin car je n'avais pas vu ce film documentaire lors de sa sortie en salles en 2011. Le DVD reçu, je n'ai malheureusement pas eu le temps de le regarder tout de suite et ça n'a pas loupé, après l'avoir rangé, je l'ai comme qui dirait "oublié" dans son placard.
Or voilà que je retombe dessus en rangeant ma BD des Ignorants. Ni une ni deux, je m'empare du DVD et file le regarder, convaincue qu'il tombe à pic pour mieux comprendre le concept de biodynamie abordé rapidement dans Les Ignorants. D'autant plus qu'en relisant le descriptif au dos, je m'aperçois que Richard Leroy fait partie des vignerons interrogés !

Quelques heures plus tard (car le dvd contient le film de 82 min mais aussi plusieurs bonus), je suis à la fois ravie de mon achat et contente de l'avoir regardé juste après Les Ignorants.

Pourquoi j'ai aimé ce film?

D'abord parce que c'est un très beau film, visuellement parlant.

Ensuite, parce que la biodynamie y est expliquée de façon relativement simple. On apprend ce qu'est la bouse de cornes (oui, oui, vous avez bien lu), pourquoi on l'utilise, quelles sont les propriétés des tisanes, etc. On est loin des clichés réducteurs qui la présentent souvent comme un truc pour les illuminés. D'ailleurs ce film rappelle très justement que le vignoble de la Romanée Conti en Bourgogne est conduit en biodynamie. Or Aubert de Villaine n'a, à mes yeux, rien d'un illuminé.

Enfin, si je l'ai aimé, c'est surtout parce que c'est un film qui place l'humain au coeur du message. Pas question de sectarisme dans ce film. Tous les protagonistes ou presque vous disent que le choix de la biodynamie est un choix personnel, une philosophie de vie. Ce qui les anime c'est avant tout l'amour qu'ils portent à leur terroir, à leurs vignes, à leurs raisins ; la volonté qu'ils ont d'accompagner ces derniers, comme on accompagne un enfant tout au long de sa vie. Et cet amour se ressent presque à chaque instant dans ce film. Dans la façon dont les frères Bret touchent leurs vignes, dans la façon dont Thibault Liger Belair prend les raisins à pleines mains dans sa cuve en parlant de "ses bébés", dans la façon dont Richard Leroy écoute ses barriques en se réjouissant de la reprise de la fermentation après le froid de l'hiver...

Après ceci, je ne vais pas vous mentir, je ne me suis pas pour autant transformée en farouche partisane de la biodynamie.
Pourquoi? Tout simplement parce que pour moi, ce qui importe avant tout c'est que le vin soit bon et qu'on prenne du plaisir à le boire. Or la pratique de la biodynamie, aussi louable soit-elle, ne garantit pas à mes yeux que le vin soit bon. Et mes dégustations jusqu'à présent m'ont par ailleurs déjà prouvé que les vignerons pratiquant la biodynamie n'étaient pas les seuls à pouvoir faire du bon vin.
En revanche, ce que j'aime dans la biodynamie telle qu'elle est présentée dans le film de Guillaume Bodin c'est le rapport de ces vignerons à leur terre et cette idée de traiter la vigne et le sol comme des êtres vivants, de les protéger, de les soigner...pour en tirer le meilleur, la quintessence.

Cette première plongée virtuelle dans cet univers de la biodynamie m'a d'ailleurs donné envie d'aller à la rencontre de vignerons ayant fait ce choix pour mieux comprendre leur démarche personnelle et goûter le résultat. Car comme le dit très bien Guillaume Bodin, "le vin c'est une histoire mise en bouteille".
Je vous parlerai bientôt de ces rencontres sur Very Wine Trip.

En attendant, je vous conseille vivement de regarder La Clef des Terroirs pour vous faire votre propre avis.

Et pour conclure, je reprendrais 2 phrases du film qui me semblent pertinentes pour résumer la biodynamie :

"Ce n'est pas la biodynamie qui fait la qualité d'un vin mais la biodynamie aide le vigneron à se remettre en question et à avoir une meilleure compréhension de la nature et de la terre" - Thierry Germain

"Si les vignerons regardaient avec un regard amoureux leurs vignes, on aurait fait un grand pas dans l'agriculture en terme de respect des terroirs" - Jean-Philippe Bret

La Clef des Terroirs - Un film de Guillaume Bodin
Production Universditvin - Éditions Montparnasse
Pour en savoir plus sur ce film, n'hésitez pas à aller sur le site www.laclefdesterroirs.com


Les-Ignorants-Etienne-Davodeau

Quand l'amour et le vin se racontent en images (1)

Quelques jours après la Saint Valentin, j'avais envie de vous parler d'amour...L'amour d'un vigneron (au sens générique, donc homme ou femme) pour ses vignes.

Un amour que j'ai récemment eu l'occasion de ressentir à deux reprises. "Indirectement" devrais-je ajouter car dans les deux cas ce n'était pas dans le cadre d'une rencontre physique avec un vigneron. En effet, la première fois ce fut en parcourant les pages d'une bande dessinée et la seconde en visionnant un DVD. "Ça manque un peu de contact humain" me direz-vous, et pourtant, l'homme est au cœur de ces deux expériences.

Commençons par la bande dessinée.
Depuis plusieurs mois, j'entendais parler de cette bande dessinée d'Etienne Davodeau sur le monde du vin, intitulée "Les Ignorants". Mais voilà, n'étant pas une grande amatrice de BD en général, j'avoue que cet ouvrage ne m'inspirait guère et du coup, j'évitais copieusement de lire les critiques, convaincue que j'étais que ça ne m'intéresserait pas. Et puis, à force de voir ces "Ignorants" mentionnés à plusieurs reprises dans des discussions, notamment par des personnes que j'ai plaisir à lire, ma curiosité naturelle a fini par l'emporter et je me suis finalement décidée à partir en quête de cet ouvrage, "juste pour voir".

Moi qui m'attendais à un format de BD classique (que je trouve toujours trop court à lire donc frustrant), j'ai d'abord été agréablement surprise de me retrouver au moment de l'achat face à un gros livre de 272 pages. Une BD avec de la matière, voilà déjà un bon point! Mais de quoi est-il question au juste dans cette BD?

"Les Ignorants" c'est l'histoire de deux passionnés amoureux de leur métier. Etienne Davodeau, d'un côté, auteur de BD, et Richard Leroy, de l'autre, vigneron dans la Loire ; deux noms inconnus pour moi car je ne connaissais ni les oeuvres précédentes d'Etienne Davodeau, ni les vins de Richard Leroy avant d'ouvrir ce livre.
Dans les premières pages, on découvre ainsi qu'un jour, le premier propose au second un pari fou, celui de passer un an en sa compagnie pour découvrir et mieux comprendre le monde du vin, avec la volonté en retour de lui faire découvrir celui de la bande dessinée. "Les Ignorants" c'est donc le récit de cette initiation croisée et j'avoue que cette idée et cette envie de faire l'effort de faire un pas vers l'autre pour comprendre son univers m'a tout de suite séduite. Et les pages suivantes ne m'ont pas déçue, bien au contraire.

Ce que j'ai aimé c'est le talent avec lequel Etienne Davodeau parvient à retranscrire de façon extrêmement réaliste et passionnante cette année riche de découvertes, d'échanges et de rencontres. On rentre aisément dans l'univers des deux protagonistes et on a vraiment l'impression d'être présent à leur côté au fil des pages. Pour ma part, j'ai aimé découvrir l'univers de la bande dessinée que je connaissais peu, mais j'ai bien sûr été encore plus sensible à la description faite de cette année dans la vie d'un vigneron. D'abord parce que j'ai trouvé les différentes phases de la naissance d'un vin expliquées très simplement et sans angélisme. Ensuite parce que grâce au trait si spécifique d'Etienne Davodeau j'ai vraiment eu l'impression de voyager avec eux dans la Loire, mais aussi dans les différentes régions viticoles qu'ils parcourent à la rencontre d'autres vignerons (notamment la Corse si chère à mon cœur). Enfin, parce que j'ai très vite éprouvé beaucoup de tendresse pour ce vigneron barbu aux allures d'ours, que rien ne prédestinait à ce métier. Pourquoi? Justement parce qu'au fil des pages on sent sa passion, ce lien tellement fort qui le rattache à ses vignes. On réalise à quel point ces dernières sont présentes dans son quotidien, même quand il est loin d'elles. Si ce n'est pas de l'amour, je ne sais pas ce que c'est!

Vous l'aurez compris, j'ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre/bande dessinée, qui parle d'amour et de partage, deux choses essentielles pour moi quand on parle de vin, et je ne peux donc que vivement vous conseiller de le découvrir pour vous faire votre propre avis.

Si j'ai adoré parcourir les pages des "Ignorants", je vous avoue avoir refermé cet ouvrage avec la furieuse envie de goûter les vins de Richard Leroy. Envie non assouvie au moment où je vous écris, faute d'avoir pu les trouver chez mon caviste habituel. Mais ce n'est que partie remise et je vous dirai vite ce que j'en ai pensé, même si j'ai un peu peur d'être déçue car la lecture de ce livre a certainement renforcé mes attentes vis-à-vis de ces vins.

Dans mon prochain billet, je vous parlerai du DVD que j'évoquais dans mon introduction, qui lui aussi parle d'amour.
À suivre donc...

Les Ignorants, récit d'une initiation croisée - Étienne Davodeau - Éditeur Futuropolis - 24.90€
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